jeudi 2 avril 2015

Les effeuillages du soir • 12

« Est-ce le poison grandissant dans mes veines ?
Est-ce la sève d'une vie ?»
Les yeux fermés, se demandait-elle.
Des mains sur son ventre la pressait. Les siennes sur la balustrade sentaient le froid engourdi, retenu.
Le petit vent soulevait les pans de sa jupe entre ses cuisses, léchant sa chair fine. Là où tout devait finir. Ou pas.
Entre les vibrations de son silence intérieur, une voix. Un orage ?
Des temps en staccato.
N'était-ce pas les mains qui lui parlaient ?
Celles qui glissaient sous son pull, sur ses seins, sur ses hanches.
Était-ce seulement le vent ?
La morsure du froid sur sa nuque.
Ou des dents.
Elle écartait maintenant les cuisses.
Par automatisme peut être ou par envie.
Sûrement.
Elle sentait les filets de bave entre ses lèvres. Claquantes.
Bruissantes quand le doigts s'y lovait, gigotant à peine...
L'électrique plaisir lui fit ouvrir les yeux.
Regardant le gouffre devant elle, elle l'aspira d'un cri rauque.
La queue dardait son cul et le doigt préparait sa venue.
Toute fendue qu'elle était, elle releva sa jupe.
Penchée pour l'accord finale,
La chaleur,
L'innondation.

Pour lire les précédents billets : Les effeuillages du soir sur In Virgo

2 commentaires :

La Hussarde a dit…

J'aime les abysses où s'enfoncer en lisant ces mots - en les vivant serait plus juste...

In Virgo Veritas a dit…

La Hussarde >
Des fois la lecture peut intensifier le vivant ;)

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